Ensemble La Balle

Issus des formations européennes d’interprétation historique (le Jeune Orchestre Atlantique à Saintes, le Jeune Orchestre Hector Berlioz, Académie de l’Orchestre Romantique et Révolutionnaire) les musiciens de La Balle se rencontrent et se lient d’amitié au fil des projets d’orchestre et de musique de chambre. Ils se produisent notamment avec l’orchestre les Siècles et François-Xavier Roth, le Cercle de l’Harmonie, le Concert de la Loge… La formation en quintette se révèle lors d’une soirée de déchiffrage, où les cinq amis découvrent ensemble l’œuvre de George Onslow. Dans cette formation qui fait entendre tous les instruments à cordes, la contrebasse donnant une profondeur au quatuor, ils apprécient l’utilisation des cordes en boyau pour ses qualités d’articulation et de son, mais aussi pour sa fragilité, ses possibilités de couleur, la chaleur de son timbre… L’ensemble La Balle effectue plusieurs résidences de travail dans le sud de la France et se produit en concert l’été 2021 à Anglet et Bazas. Ils se produiront l’été prochain au festival de Saintes dans le cadre du Prélude/place aux jeunes musiciens 2022.

 

Amaryllis Billet Violon

Chloé Julian Violon

Maialen Loth Alto

Pierre Charles Violoncelle

Lilas Réglat Contrebasse

Programme


– Quintette d’Onslow n°15, op.38 “de la Balle” en do m, 1830 (30 min)
Allegro moderato ed espressivo
Menuetto : dolore, febre e deliro
Andante sostenuto : convalescenza
Finale : guarigione


– Quintette de Dvorak op.77 n°2 en sol M, 1875 (35 min)
Allegro con fuoco
Scherzo
Poco andante
Finale

« Si Berlioz considérait sa propre vie comme un grand roman susceptible de nourrir sa création, on ne peut en dire autant d’Onslow : pas d’œuvre scandaleuse, de liaison sentimentale tapageuse, ni de tentative de suicide. Mais un événement inspira une œuvre étonnante à ce compositeur enclin à la « musique pure ». En juillet 1829, Onslow fut victime d’un accident de chasse qui faillit lui coûter la vie, quand il reçut malencontreusement la balle destinée au sanglier. Au cours de sa convalescence, il acheva un quintette à cordes (que l’on peut jouer soit avec deux violoncelles, soit avec un violoncelle et une contrebasse) dont il avait composé le premier mouvement avant le drame. Seul l’Allegro initial, sombre et touffu, est donc dépourvu d’indication descriptive, quoiqu’on puisse y entendre le claquement initial du coup de feu malencontreux.
Le Menuetto traduit la douleur du blessé en multipliant les contrastes d’intensité et les harmonies tendues, au sein d’un discours qui semble volontairement décousu. Le Trio central prolonge ce théâtre instrumental dans une atmosphère tumultueuse de « fièvre et de délire », traversée par de fulgurants motifs en arpège. L’Andante sostenuto, à jouer « con sordini e sempre sotto voce »,
est en revanche dénué de contrastes. Un chant infini berce calmement la convalescence. La fougue du finale exprime de nouveau la fièvre et le délire, mais chez un homme qui clame son retour à la vie au moyen d’une profusion d’éléments thématiques de caractère différent. Sans son accident, peut-être Onslow n’aurait-il pas osé les effets rythmiques et instrumentaux de ce quintette dit « de la balle », l’une des rares
œuvres de chambre à programme du XIXe siècle. Cette exception en fit aussi l’œuvre la plus jouée d’Onslow. »

Palazzetto  Bru Zane, Centre de musique romantique française